DEPASSEMENT

Sur la mer infinie et la brise insensée

Vers le ciel farouche où brûle la pensée

Vers les étoiles amoureuses,

Gyapète augural, je dirai aux éclairs:

Je veux le seul Vivant, le seul Grand, le seul Clair

Malgré les gouffres qui se creusent !

La Lune au sein de miel, et Vénus de turquoise,

Saturne où des clartés sinistres s'entrecroisent,

Jupiter, saphir triomphal,

Mercure qui chatoie ainsi qu'un lac de songe,

Mars tout gonflé de sang comme une sombre éponge,

Uranus dévorant, Neptune idéaliste,

Proserpine écartant ses voiles d'améthyste,

Et les planètes inconnues

Jusqu'au brûlant Hercule, en margelle du vide

Je les dépasserai comme un aigle splendide

A travers la terreur des nues

Album de l'invisible aux milliards d'images

Ouvrez devant mes yeux vos flamboyantes pages

Volcan qui rugit et qui bout

Je transfigurerai vos harmonies énormes,

Par delà les éons, les nombres et les formes

Et je deviendrai le Grand Tout !

FRANCOIS BROUSSE

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