."....Secret du monde, va devant ! Et l'heure vienne où la barre
Nous soit enfin prise des mains !... J'ai vu glisser dans l'huile sainte les grandes oboles ruisselantes de l'horlogerie céleste,
De grandes paumes avenantes m'ouvrent les voies du songe insatiable,
Et je n'ai pas pris peur de ma vision, mais m'assurant avec aisance dans le saisissement, je tiens mon oeil ouvert à la faveur immense, et dans l'adulation.

Seuil de la connaissance ! avant-seuil de l'éclat !... Fumées d'un vin qui m'a vu naître et ne fut point ici foulé.
La mer elle-même comme une ovation soudaine ! Conciliatrice, ô Mer, et seule intercession !... Un cri d'oiseau sur les récifs, la brise en course à son office,
Et l'ombre passe d'une voile aux lisières du songe...
Je dis qu'un astre rompt sa chaîne aux étables du Ciel. Et l'étoile apatride chemine dans les hauteurs du Siècle vert... Ils m'ont appelé l'Obscur et mon propos était de mer. ...."

                                          SAINT JOHN PERSE

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