Souffrir d'une limitation est une manifestation de l'Illimité. Vos limites sont l'occasion d'un retournement qui vous renvoie à ce que vous êtes à l'origine.

Les chemins sont sans nombre... Où il est question d'Infini, la variété des approches est aussi infinie, et les révélations sur ces chemins sont illimitées.

Pour chacun, le chemin est différent. Là où vous êtes commence un chemin. Car il n'y a que Lui et nul autre où que l'on se tourne.

Des personnes en quête de Vérité préfèrent avancer sans maître. Leur ligne d'approche le veut ainsi. l'Être suprême se révèle alors dans l'intensité de leur engagement... Il trouve le moyen d'intervenir sans qu'aucun enseignement extérieur ne soit nécessaire... Pourquoi serait-ce impossible ? Le voile de l'ignorance ne demande qu'à se disloquer.


En mer, ceux qui veulent nager plus vite que les autres regardent fatalement derrière eux. Ceux dont le but est la mer elle-même, rien ne les préoccupe : ce qui doit être est. Abandonnez-vous aux flots, laissez-vous porter par les courants.
Faites alterner jouissance et détachement. Progressivement, en acceptant et en éloignant les plaisirs, le désir perdra son emprise.

Ne vous satisfaites pas des joies fragmentaires ; elle sont fatalement remises en cause. Soyez complets... Soyez Vous-même.

Tout passe. La mort passe, la mort meurt.

Rien ne doit être forcé. Il suffit de favoriser un bon climat et vos proches se développent spontanément. Le fruit le plus succulent est celui qu'on laisse mûrir tranquillement sur sa branche.

Dénouez ce que vous pouvez. Le reste se dénouera de soi-même.

Il n'y a rien à quoi renoncer. Trouvons plutôt l'élan pour traverser la vie. Après tous ses élans restreints, l'être humain doit trouver le Grand Élan.

Passez le plus de temps que vous pouvez à l'air libre... contemplez montagnes et océans. Regardez au moins le ciel dès que vous le pouvez et vos entraves se relâcheront. Elles vous laisseront libres. Une conscience éveillée ne s'épanouit que dans un corps libre, un esprit libre.

La Connaissance suprême ne vient pas "au moyen" de quoi que ce soit. La Connaissance suprême se révèle d'elle-même. Mais, pour désagréger ce qui "voile", certaines pratiques sont opportunes.

Est vu, vraiment vu, ce qui une fois vu enlève tout désir d'en voir plus. Est entendu, vraiment entendu, ce qui une fois entendu enlève tout désir d'en entendre plus.

La pleine jouissance de la vie ne s'obtient que dans un esprit d'absolu détachement. Vous serez comblé à la mesure de votre effacement.

A chaque fois que vous entreprenez quelque chose, donnez vous cœur et âme. Rien ne doit être fait sans soin et sans attention.

Effectuez de plus en plus d'actions pour faire grandir un désir... celui de jouir du Réel ! Les désirs de jouissances plus ordinaires disparaîtront d'eux-mêmes. Si vous vous y adonnez encore, ce sera en tout cas dans un esprit de détachement.
Vous êtes ballottés d'un désir à l'autre. Votre vie oscille ainsi dans l'état de "nature désirante". Passez de là à votre vraie nature.

Pour jouer un rôle, il faut être oublieux de soi-même.

Que l'on emprunte le chemin de l'amour où le "je" se perd dans le "Toi", ou le chemin de l'introspection en quête du vrai "Je", c'est Lui seul qui est trouvé, dans le "Toi", dans le "Je".

Dans un premier temps, on le perçoit dans les êtres, les choses ; et puis on ne Le voit plus dans quoi que ce soit, car lui seul est : arbres, fleurs, eau, terre, tout est le Bien-Aimé.

Essayez de considérer chaque personne comme vous-même. Vous en viendrez à considérer chaque manifestation dans l'univers comme une partie de vous.

Il n'y a ni révélation, ni secret. Ce qui se propose est de tout temps présent.

Quand vous dites : "Untel vient de s'en aller", il ne faut pas oublier qu'en un sens personne n'est parti. Absente de tout va-et-vient, chaque existence est présente de tout temps.

On tente de méditer, on "fait" de la méditation, mais le jour où la méditation émane de soi, où elle "est", quel autre monde !
Création, maintien, destruction ne sont qu'un seul et même événement.

Être à la fois fini et infini, là est la grande plongée.

Toutes les formes, je les reconnais pour miennes ; éternellement, ainsi, j'existe ; je suis toutes formes, tout mode d'apparition ; par des voies d'une infinie diversité, elles vivent en moi, et moi je vis en elles.
Je suis l'univers jusqu'à la moindre poussière, au moindre insecte.
Tout ce qui est au monde, arbres, plantes, insectes, reptiles, toute autre forme de vie, leur naissance est votre naissance, leur mort est votre mort. Tout est vous, vous êtes tout.

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Extraits de Vie en jeu , textes d'Anandamoyi (Éd. Accarias - 1995)

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MARC CHAGALL