Chaque matin je déjeune
D'une gorgée d'azur.
Par la fenêtre ouverte
Je syntonise l'horizon.
Les ailes des oiseaux
Tournent les pages du ciel.
Les premières cigales
Me lisent les nouvelles.
Comme les collines au loin,
Les montagnes, les lacs,
Je lave ma peau nue
Dans un grand bain de soleil.
Un brin d'herbe fait signe
Aux étoiles endormies.
Des hirondelles se croisent
Et narguent Chibouki.
L'oreille contre le pouls du vent
J'écoute battre le monde.
Il y a toujours
Un bout de voie lactée
Dans le nid des abeilles,
Un murmure d'étoiles
Dans le fond d'un ruisseau.
Il y a dans chaque pas
Le creux de l'origine,
De la neige endormie
Dans une pluie d'été.
Je consens à l'infime
Pour toucher l'infini.
J'apprends à n'être
Comme on apprend à naître.

.

JEAN-MARC LA FRENIERE

11 août 2004

. fl