Je baisse la voix pour mieux entendre
hurler mon Pays; pour dire le mal
de n'avoir planté ni amour ni haine,
d'avoir mélangé les racines,
et pris pour montagne la mer.
Je baisse la voix pour aiguiser
les couteaux du tonnerre,
demander force à la tribu,
dormir entre ses omoplates de rochers.
J'habite le silence
pour mieux contrôler le pouls de la race,
dire que, s'il faut mourir,
c'est à cause d'une seule goutte de sang,
différente.

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NADIA TUENI

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liban2

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