Peut-être que je me succède à moi même. Je ne sais pas qui mais quelqu'un est mort en moi.
Il pressentait lui aussi hier la disparition et il était menacé par la lumière, mais
aujourd'hui c'est un autre couteau que j'ai devant mes yeux.

 

Je ne veux pas être mon propre inconnu, je suis encombré par les visions.
Il est difficile

 

de faire circuler tous les jours la lumière dans les veines et travailler à la contraction
de visages inconnus jusqu'à ce qu'ils se transforment en faces aimées
pour pleurer ensuite parce que je vais les abandonner ou parce qu'ils vont
m'abandonner.

 

                          Quelle
stupidité que cette peur éprouvée au bord du mensonge et qu'il est fatigant
de quitter la non-existence pour
ensuite mourir quotidiennement.

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ANTONIO  GAMONEDA

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NUAGES