La mer roulait ses vagues, l'amour creusait son gouffre
Et la mer disait:
On ne peut pas t'aimer puisque tu ne veux pas aimer,
chaque seconde te fera chuter plus encore,
le silence des autres te tuera
car tu n'écoutes pas...

Et la mer disait:
Tu demandes trop:
tu n'auras que le vent dans ses cheveux
la trace de son corps dans le pli des draps
l'odeur de son cou sur tes joues
le froid de ses mains dans les tiennes...

Et la mer disait:
Ne reviens pas en arrière,
tourne en rond dans ton désert,
je suis haute, je suis pleine,
je taperai sur la digue jusqu'à la nuit des temps...

Et la mer disait:
N'aie pas peur,
ta vie n'est même plus à perdre...

[...]

                                                            

Et la mer disait:
Tu alignes les mots sans savoir ce qu'ils mentent
tu joues avec eux comme les gens avec toi,
tu crèveras de ne te reconnaître nulle part
dans tout tes miroirs...

Et elle disait:
Ne te cherche pas en moi,
tu ne trouveras que...

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JEAN-CLAUDE  BOURDAIS

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