"Je naquis, un matin, d'un frisson de la source.
Tandis que le ruisseau m'emportait dans sa course,
Me soulevant de pierre en pierre, sous la brume,
Je bondissais, souple danseuse aux pieds d'écume.
Le fleuve m'accueillit qui, dans sa marche lente,
Peu à peu, me poussa vers la mer, où j'errai
Infiniment petite en l'infiniment grande
Comme au sein d'une glauque et perfide forêt.
Je remontai, jusqu'à la crête d'une vague.
Je flottai, dans le ciel, sur l'aile d'un nuage
D'où le vent me jeta, sans douceur, sur la terre.
Du sable, qui brûlait, m'y but avidement."
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ARMAND  BERNIER

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Diaprures