Je veux te parler de la mort, qui est une tentation, si on entend par la mort, non pas la dissolution de la chair, de l'être mais la conscience interdite ou absente, j'ai envie, ainsi, parfois, de me situer, d'être, en dehors de ma conscience car au loin s'amassent les décombres des remords, des
échecs et des doutes, entremêlés, et quand survient la déferlante, qui est irrémédiable, je cesse d'être, je ne suis plus qu'un animal prostré dans la fange, englué dans la mémoire de l'obscur et du sang et je veux, mon ange, je réclame, j'exige que ta peau douce, clairsemée du présage de tant d'éphémères, me libère de ce qui sert à éroder l'édifice de mon dérisoire précaire, qu'elle sert à
m'inscrire dans une conscience qui est pleine plénitude, que rien ne retient, ne peut retenir, comme une mer déchainée enfin affranchie de toutes ses entraves, je veux que tu me libères du désir de la mort en œuvrant le désir de ton corps.

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UMAR  TIMOL

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soleil