Ma vie n’est faite que d’amour.
De tout le reste elle est “ défaite ”. C’est d’une matière qu’il s’agit, d’une manière aussi – de respirer –, d’un tissage d’air, de feu et d’eau ; mais pour se dénouer, et vivre la défaite, l’accepter dans son enseignement et son annonciation, il faut aimer beaucoup. Il faut aimer encore, et accéder à cette réserve que Dieu nous garde pour les jours obscurs. Qu’on appelle cet espace, entre le cœur et l’âme, tendresse, grâce ou pardon, il se donne au même paysage intime – mais c’est le contraire de l’oubli, de l’indifférence et de l’orgueil. C’est de l’amour, comme d’une matière, comme d’une manière d’être. Au monde et aux autres.
D’être à l’écoute de ce qu’aimer peut faire ou devenir, j’ai gardé en moi une place pour “ ça ”, immense et sans nom, et peut-être cet espace s’est-il maintenu, île ouverte, de se prendre aux caresses des instants secrets. Ce regard d’âme sur le monde, peut-être ne m’a-t-il jamais quittée, je n’ai pas réussi à m’en défaire, pas plus qu’à me distraire du cœur battant de vivre, et j’ai là habité à demeure d’indicible – c’est avouer le combat pour oser, chaque fois que j’ai pu y accéder, cette profération de l’intime, la proclamer unique reconnaissance, et seule vérité.
Ma vie n’est faite que d’amour. Pour le reste, elle est une défaite. Et ils en reviennent toujours là, mes jours, à ce point d’ardue, d’ardente lumière où les choses sont justes, sues comme un chant exact, et s’inscrivent dans l’éternité.
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OLYMPIA ALBERTI

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A_Santa