Après deux jours et deux nuits de bombardements, Israël poursuivait, lundi 29 décembre au matin, son offensive sur la bande de Gaza. Depuis samedi, les raids aériens ont fait au moins 307 morts selon un dernier bilan de source médicale palestinienne, dont 180 membres du Hamas, une quinzaine de femmes et des enfants.

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Le site Internet du quotidien israélien Haaretz rapporte, lundi 29 décembre, que Gilad Shalit, le soldat franco-israélien enlevé à la lisière de la bande de Gaza en juin 2006 par trois groupes palestiniens, pourrait avoir été blessé par des bombardements de l'armée israélienne, selon une source anonyme du Hamas reprise par la radio militaire. Le quotidien rapporte également les propos d'officiels israéliens, pour qui cette information pourrait faire partie de la "guerre psychologique" menée par le Hamas.
                
 
L'Etat juif a déployé dimanche des blindés le long de la frontière avec le territoire côtier et a rappelé quelque 6 500 réservistes, ce qui pourrait annoncer une intervention terrestre, bien que la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni ait affirmé sur la chane américaine NBC que "l'objectif n'(était) pas de réoccuper Gaza". L'opération militaire durera jusqu'à ce la population du sud d'Israël "ne vive plus dans la terreur et la crainte permanente", a prévenu Mark Regev, porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert. Elle "pourrait prendre plusieurs jours", a dit pour sa part le porte-parole de l'armée Avi Benayahu.
Après le bombardement d'une quarantaine de tunnels entre l'Egypte et la bande de Gaza et d'autres cibles du Hamas dans la journée, les raids aériens se sont de nouveau intensifiés après la tombée de la nuit. Un laboratoire de l'Université islamique de la bande de Gaza, lieu culturel symbolique pour le Hamas, a été détruit. Selon l'armée israélienne, les islamistes y mettaient au point des armes et des explosifs. D'autres frappes intervenues dans la nuit ont fait, elles, de nouvelles victimes civiles.
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Des dizaines de Gazaouis ont fui cette partie du territoire en traversant le mur de sécurité frontalier avec l'Egypte, ouvert à l'aide de bulldozers et d'explosifs. Un garde-frontière égyptien et un jeune Palestinien ont été tués dans des affrontements survenus alors que la police égyptienne essayait de contenir la foule. Le Caire a ensuite appelé les Palestiniens à se tenir à l'écart de la frontière où l'aviation israélienne prévoyait de mener de nouveaux raids sur les tunnels, a rapporté une source au sein des services de sécurité palestiniens.
Malgré le pilonnage intensif les islamistes du Hamas continuaient lundi de crier vengeance et de défier Israël. Quelque 150 roquettes ont été tirées sur le sud de l'Etat juif en deux jours, selon l'armée israélienne, dont deux se sont abattues près du port d'Ashdod, sans faire de victimes. Un porte-parole du Hamas, Faouzi Barhoum, a exhorté les groupes palestiniens à utiliser contre Israël "tous les moyens possibles, dont des attentats suicides". Depuis le Liban, dernier pays où Israël avait lancé une offensive pendant l'été 2006, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a pour sa part demandé à ses combattants de se tenir prêts à une éventuelle attaque. Le dirigeant chiite a comparé les deux opérations et affirmé que les forces israéliennes étaient en état d'alerte depuis samedi le long de la frontière avec le Liban.
La Syrie a apporté une réponse diplomatique en interrompant les négociations de paix indirectes avec Israël, qui étaient en suspens depuis l'annonce de la démission d'Olmert. Dans plusieurs pays arabes, des manifestants ont brûlé des drapeaux israéliens et américains et invité leurs dirigeants à repondre plus fermement à l'attaque contre la bande de Gaza. Dans le même temps, les dirigeants internationaux multipliaient les appels à la cessation des hostilités.
Le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon s'est entretenu avec Ehud Olmert, le président palestinien Mahmoud Abbas
et d'autres responsables régionaux, pour leur répéter l'appel à la fin des hostilités lancé le matin même par le Conseil de sécurité, disait un communiqué diffusé par son porte-parole. Selon ce même texte, Israël se serait engagé auprès du coordinateur des opérations humanitaires de l'Onu à Gaza à autoriser l'entrée de convois d'urgence. Dimanche, le Comité international de la Croix-Rouge soulignait dimanche que les hôpitaux de la bande de Gaza ne parvenaient pas à faire face à l'afflux de victimes et manquaient de matériel.
sources: le monde.fr
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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à travers l'Europe contre les raids israéliens dans la bande de Gaza qui ont fait près de 300 morts depuis samedi.

De Londres à Paris, en passant par Madrid, Copenhague ou Istanbul, les manifestants sont descendus dans la rue pour condamner l'opération lancée samedi "plomb durci", la plus violente depuis l'occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967.

A Londres, où 700 personnes selon la police, 3.000 selon une organisatrice se sont rassemblées face à l'ambassade d'Israël, dix personnes ont été arrêtées pour "trouble à l'ordre public", après trois heures d'une mobilisation agitée.

Les militants brandissaient des drapeaux de l'Autorité palestinienne et des pancartes sur lesquelles était notamment écrit "Holocauste à Gaza" et "Pas de paix, pas de justice".

Une nouvelle manifestation est déjà prévue lundi à partir de 16h00 locales (et GMT) devant l'ambassade d'Israël à Londres, à l'appel de l'association "Campagne de solidarité pour la Palestine".

A Paris, dans le quartier populaire de Barbès où vit une importante population d'origine maghrébine, une manifestation a rassemblé quelque 1.300 personnes, selon la police, brandissant des banderoles où on pouvait lire "Stop au massacre des innocents".

Toujours à Paris, 150 personnes selon la police, 300 selon les organisateurs, se sont rassemblées place de l'Etoile, en haut des Champs-Elysées, en scandant "Israël terroriste, Europe complice", ou encore "Shoah à Gaza".

A Madrid, entre 500 et 1.000 personnes ont manifesté devant l'ambassade d'Israël, à l'appel de l'association "Paix maintenant", a constaté l'AFP. "Non à l'holocauste palestinien", proclamaient pancartes et banderoles.

Au Danemark, 700 personnes selon la police, 2.000 selon les organisateurs ont manifesté à l'appel de plusieurs organisations musulmanes danoises devant l'ambassade d'Israël. Un homme, extérieur aux groupes organisateurs, a été arrêté après avoir jeté un cocktail Molotov en direction de la police.

Près de 300 personnes se sont aussi rassemblées à Aarhus, deuxième ville du pays.

La veille, un millier de manifestants avaient défilé à Stockholm à l'appel de l'Union islamique de Suède.

A Istanbul, des centaines de manifestants ont scandé des slogans tels que "le sionisme sera vaincu, la résistance palestinienne triomphera", devant la mosquée de Beyazit, dans le centre historique de la ville, à l'appel d'organisations islamistes, a constaté un photographe de l'AFP.

Sur la place de Taksim, principale esplanade de la ville turque, un portrait du Premier ministre israélien Ehud Olmert a été aspergé de peinture rouge, tandis que des militants communistes déposaient une gerbe funéraire devant le consulat d'Israël, selon l'agence de presse Anatolie.

Plusieurs centaines de manifestants ont également protesté devant l'ambassade d'Israël à Ankara, jetant notamment des chaussures vers le bâtiment, selon les images diffusées par les chaînes de télévision.

Plusieurs milliers de personnes ont aussi manifesté dimanche dans une dizaine d'autres villes de Turquie.

A Rome, environ 200 personnes, selon les organisateurs, ont participé à un sit-in sur la piazza Navone pour demander au gouvernement italien de "geler tous les accords économiques et militaires" avec Israël. Les manifestants dénonçaient aussi "le nettoyage ethnique et le terrorisme de l'Etat israélien", selon l'agence Ansa.

Israël a poursuivi dimanche ses raids aériens à Gaza et a donné son feu vert à la mobilisation de milliers de réservistes en vue d'une éventuelle offensive terrestre.

Les attaques, déclenchées samedi visent à mettre fin aux tirs de roquettes depuis la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas, sur les localités du sud d'Israël.

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Source: RTLinfo.be