Elle ne sait plus exactement quel port il habite en elle.

Sa mémoire le cherche, comme mise à part sa vie, le réinvente ou se souvient, l’assiège aux tours indomptables : citadelles d’ivoires mnésiques.

Ce sentiment d’avoir gardé quelques fleurs de leurs friches ensemencées malgré le vent.

Elle n'est que cette mémoire, vive comme les eaux, engloutie comme les terres.

Elle n'est que cette mémoire... quand se souvenir est précaire comme écrire.

Elle se demande ce qu’est la vie, sinon ce flux d’images déroulées dans le temps, comme se déroule la mer dans les roulis de l’éternité.

Le passé va et vient. Il ne reste pas, il n’est pas fait pour rester. Déjà, le présent qui arrive est une plage désertée. Une absence. Un rêve. Une solitude.

Une île délaissée au cœur de l’océan.

 

A l'instant elle n'est faite que de cela. Du départ d’hier et de celui de demain. Des allers et venues de l’onde sur son corps de mémoire.

 

Nous demeurons la mémoire que nous avons choisi d’habiter…

 

 

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SONYA  SANDOZ

 

 

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ILE