Ils ont la mer à l'ancre entre les deux épaules
et la mer tout entière se ferme dans leurs poings
Ils accrochent par mégarde le soleil à leurs pas
et les aveugles voient le cœur brûlant du monde

Ils aiment les oiseaux qui ont perdu leurs ailes
Ils cherchent dans leurs poches le seuil de la maison
qu'ils n'ont jamais quittée

Ils portent le ciel à bout de bras
et jouent à la marelle enfer et paradis
Ils tranchent les amarres du jour
et ils voient ce que seul un enfant
peut voir au fond des neiges

Ils sont au bord du monde
le ciel tombe à leur place
Ils conduisent l'enfant au pays des fontaines
le loup privé d'enfance les cherche dans la neige
et les change en oiseaux

 


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TRISTAN  CABRAL

 

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