(…)

Personne n’est venu à ma rencontre,
Sur les marches, une lanterne à la main.
Dans la clarté brumeuse de la lune,
Je suis entrée, la maison était

Silencieuse. Sous une lampe verte,
Avec un sourire lugubre, l’ami
A dit tout bas : « Cendrillon,
Que ta voix est étrange… »

Dans la cheminée, le feu s’éteint ;

Le chant du grillon nous fait languir.
Quelqu’un, comme en souvenir,
A emporté mon soulier blanc,

Il m’a donné trois œillets
Sans même lever les yeux.
Où est-ce que je peux vous
Cacher, preuves très douces ?

Il est amer de penser
Que le moment est proche,
Très proche, où il va essayer
À d’autres mon soulier blanc.

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ANNA  AKHMATOVA

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cendrillon