Je me réjouis de la place que le Salon du livre Nice 2009 a donné au Roman policier et au talentueux René Frégni, "La Mer" ici représentée par Olivier de Kersauson ou Florence Arthaud, Michel Desjoyeaux et autres célébrités qui parfois, comme Patrick Poivre d’Arvor ont des écritures de qualité. Je me réjouis de la place donnée à ceux qui en eux portent, comme Malek Chebel, des projets de résistance au service de la démocratie et non de la croisade. Je peux comprendre que les "people" et le voyeurisme soient invités pour attirer le grand public. Mais pour autant, Alice Dona, Astrid Veillon, Mylène Demongeot, Jean-Loup Chrétien, Catherine Laborde, Hervé Claude, Agnès Michaux, Sophie Davant, dont je ne juge pas la qualité littéraire, ou autres extraits de programmes de télévision, peuvent-ils se substituer aux écrivains ? 

L’homme canon sur la place public et les cracheurs de feu, peuvent-il se substituer à la ballerine sous prétexte que la foule afflue ?

… Mais pour autant, la question se pose : où est la littérature quand elle est à ce point délayée, quand la poésie n’est pas citée dans la liste des auteurs, quand on fait de la littérature un produit et non un qualitatif. Quand la stratégie du faire venir des badauds prime sur la qualité de l’écrit, quand un organisateur prétend que la poésie n’intéresse personne ?

Le Salon du livre Nice n’a manqué que de chipolatas-merguez pour être promu au rang de foire aux livres, est-ce cela que l’on voulait ?

Bizarre bizarre, j’en suis encore triste

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JEAN-MICHEL  SANANES