Août rouge en robe de papillons et de pierres ferrugineuses,

Secouant sa chevelure électrique de châtaigners et de fayards,

Déployant ses élytres de ronces,

Nous porte sur son dos et boit le temps.

Exsudation de quartz dans la torsion des schistes.

Plissements torrides de grès et de marnes lie de vin.

Concrétion de lumière sur les lèvres.

Salive de mémoire, cigales.

Nous sortons de leurs gousses le grenat, l'andésite rose,

Le mica noir, pour les semer dans les bouches.

Le torrent a goût d'azur macéré en terre.

Nuages, moelles de l'âme.

Couchés dans les genets, nous mangeons la pulpe

Du soleil et réparons les ailes des mots.

Nous parlons bas à l'oreille du ciel

Et des pétales d'enfance tombent de la langue.

Dans la bergerie en pierres de taille suspendue aux oiseaux,

La lune pond des oeufs de rires,

Que des chercheurs de contes ramasseront avec des chapeaux de neige.

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MICHELE  FINCK

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