À travers le taillis de la nature énorme

Flairant l'éternité de son museau difforme

Là, dans l'ombre, à tes pieds, ton chien voit Dieu

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VICTOR HUGO

Fifille

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" Fifille ", au volant du vieux C15 - elle est montée sans crainte, pour la première fois - qui se souvient de son ancienne famille, elle revit ici, avec un réalisme étonnant,  une scène familière; je vois dans ce regard lointain l'acte lâche et cruel de l'abandon, toute la tristesse des liens brisés à jamais... Sa proximité me touche et m'interpelle quand elle me devance et attire vers moi sa merveilleuse progéniture si bien soignée.

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" Poupée" , en convalescence à la maison, attend avec Fifille une adoption définitive ... Elle est tatouée, stérilisée et surtout très affectueuse.

Ces êtres ont dans le regard toute la profondeur du cœur, de la fidélité et de la reconnaissance. Quelques heures passées en leur compagnie et c'est une autre monde qui s'ouvre. Un repas partagé, des  ébats et quelques mines d'affection suffisent à créer des liens indéfectibles.

La chienne noire, dont l'ombre traîne au sol sur les traces géométriques et parallèles de l'indifférence, raconte tristement l'errance esseulée. la terre surchauffée, reflète ses mamelles de louve; il fait très chaud, sa démarche est pesante. Elle a eu une portée de dix chiots;  Six ont déjà été adoptés! Il en reste QUATRE, qu'elle allaite et garde de très près... Elle m'a octroyé sa confiance, et je lui rends au centuple ce témoignage qui est aussi pur que chacun de ces petits chiots.
Ils sont adorables, noirs et caramels et partagent ensemble la vie sauvage dans une tanière de toute beauté, au milieu des myrtes, au bord de la mer. Et quand vient le soir, dans la moiteur de la brise marine et les pourpres du ciel, je voudrais, rien qu'un instant partager la cène authentique couronnée d'étoiles, le regard tourné vers la croix du Sud.

Mais je me ravise aussitôt, l'errance, la vie vagabonde sont comme les jeunes années, elles ne peuvent plus durer ni s'éterniser; le danger veille, les prédateurs sont partout, très nombreux, animés ou métalliques... Il faut un toit pour les amis des hommes, pour ces êtres qui une vie durant accompagnent et soutiennent la cécité, la solitude, la vieillesse et le fils  malade de l'homme.
Passer à côté de l'affection, de l'amour de nos compagnons d'aventure, en détourner l'attention du pied, c'est se priver durement d'un pan de vies. C'est aussi se masquer les yeux du cœur face aux questions majeures que l'existence dépose sur notre chemin.

Je me retourne, j'entends des aboiements, une plainte, qui montent des rivages surpeuplés, on dérange la portée; la chienne affolée, court et dissuade, ne sait plus être ce qu'elle fut parmi nous.

Elle habite au milieu de quelques îlots de nature aseptisée, souillée. Elle décline la fuite, la peur, la soumission parfois et l'angoisse... Sa silhouette efflanqué dit toute la promission d'une mère pour ses chiots qu'elle balance et qui la déséquilibre à chaque foulée vitale que l'été ébranle.

C.G  CAMPAGNAC

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Un aperçu des chiots à donner, métissés Labrador - 1 mois et demi - Ces animaux sont abandonnés et leur adoption s'accompagne d'une procédure par Association ( Vaccination, "puçage" pour les petits+ stérilisation pour les mères et dossier de traçabilité ) .

Se rendre sur le Site de Martine:

protection canine extrême sud corse

TEL : 06 20 80 33 43


ou


Cristian et Caroline

TEL :   04 95 74 25 18

06 29 89 64 21 

  En soirée, après 20 h ou sur portable

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Au fond du vieux refuge, dans une niche en bois,
Depuis deux ans je purge, d'avoir trop cru en toi.
Tous les jours je t'attends, certain que tu viendras,
Tous les soirs je m'endors, sans que tu ne sois là.

Pourtant je suis certain, je te reconnaîtrai,
Viens me tendre une main, je te la lécherai.
Tu te souviens très bien, quand je sautais sur toi,
Que tu me caressais, que je dansais de joie.

Que c'est il donc passé, pour que ce 16 juin,
Heureux que tu étais, je me rappelle bien,
Tu sifflais, tu chantais, en bouclant les valises,
Que tu m'aies attaché, là, devant cette église.

Je ne peux pas comprendre, et ne croirai jamais,
Que toi qui fus si tendre, tu sois aussi mauvais.
Peut-être es-tu très loin, dans un autre pays,
Mais quand tu reviendras, moi j'aurai trop vieilli.

Ton absence me pèse, et les jours sont si longs,
Mon corps s'épuise, et mon cœur se morfond.
Je n'ai plus goût à rien, et je deviens si laid,
Que personne, jamais, ne voudra m'adopter.

Mais moi je ne veux pas, que l'on me trouve un maître,
Je montre bien mes dents, et je prends un air traître,
Envers qui veut me prendre, ou bien me caresser,
Pour toutes illusions, enfin leur enlever.

Car c'est toi que j'attends, prêt à te pardonner,
A te combler de joie, du mieux que je pourrai,
Et je suis sûr, tu vois, qu'ensemble nous saurions,
Vivre des jours heureux, en réconciliation.

Pour cela, je suis prêt, à faire de gros efforts,
A rester prés de toi, à veiller quand tu dors,
Et à me contenter, même si j'ai très faim,
D'un vulgaire petit os, et d'un morceau de pain.

Je n'ai jamais rien dit, lorsque tu m'as frappé,
Sans aucune raison, quand tu étais énervé,
Tu avais tous les droits, j'étais à ton service,
Je t'aimais sans compter, j'acceptais tous tes vices.

Tu m'as mis à la chaîne, ou tu m'as enfermé,
Tu m'as laissé des jours, sans boire et sans manger,
J'ai dormi bien souvent, dans ma niche sans toit,
Paralysé, raidi, tellement j'avais froid.

Pourtant, si tu reviens, nous partirons ensemble,
Nous franchirons en chœur, la porte qui ressemble,
A celle d'une prison, que je ne veux plus voir,
Et dans laquelle, hélas, j'ai broyé tant de noir.

Voilà, mon rêve se termine, car je vois le gardien,
Puis l'infirmière, et le vétérinaire plus loin,
Ils entrent dans l'enclos, et leurs visages blêmes,
En disent long pour nous, sur ce qu'ils nous amènent.

Je suis heureux, tu vois, car dans quelques instants,
Je vais tout oublier, et, comme il y a deux ans,
Je m'endormais sur toi, mon cher et grand ami,
Je dormirai toujours, grâce à …l'euthanasie.

Et s'il t'arrive un jour, de repenser à moi,
Ne verse pas de larmes, ne te prends pas d'émoi,
Pour toi, j'étais " qu'un chien ", tu préférais la mer,
Tu l'aurais su avant, j'aurai payé moins cher.

A vous tous les humains, j'adresse une prière,
Me tuer tout petit, aurait peiné ma mère,
Mais il eut mieux valu, pour moi, cette manière,
Et vous n'auriez pas eu, aujourd'hui, à le faire.

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GILBERT  DUMAS

Merci à lui !