"L’ombre est déjà le nid fermé, incandescent,
l’aveuglement visible posé sur celui qui aime ;
elle provoque déjà l’étreinte fermée, aveugle,
elle accueille déjà dans ses profondeurs tout ce que la lumière livre.

L’ombre demande, exige des êtres qui s’entrelacent,
des baisers qui la constellent de longs éclairs,
des bouches furieuses, agitées, qui tenaillent,
des mouvements qui changent en musique les léthargies muettes.

[…]

L’ombre est dans l’ombre : de l’ombre il a jailli,
et à son origine le astres apportent une semaille,
un jus laiteux, un écoulement de battements chauds
qui porteront ses os vers le rêve et la femelle.

L’ombre fait bouger ses forces sidérales,
l’ombre répand sa constellation obscure,
elle retourne les couples et les rend nuptiaux.
Epouse, tu es la nuit. Je suis midi."

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MIGUEL HERNANDEZ

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