Vêtu de blanc.

Vêtu de blanc je suis devant les yeux

de qui m’aime et de qui ne m’aime pas,

je pose enfin devant personne ou le néant

ou devant la pupille transparente

que je ne vois jamais et qui me voit.

Poserai-je ainsi sans fin devant la mort ?

Les fleurs de l’acacia jaunissent vite

aux montagnes lointaines

de l’enfance.

Suis-je ainsi vêtu

pour mourir ?

Une grande et longue boucle sur la photo

altérée par le temps

tombe

sur mon front, pâle

le front, artificielle

la boucle, enfin,

si peut être artificiel l’acte fait

avec amour.

Et je t’entends, mère,

racine de tant de choses,

venir de l’autre côté de la nuit.

Tu me rends la branche dorée.

Je pose mon pied nu sur le seuil.

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JOSE ANGEL VALENTE

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