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"D’ailleurs, nous exprimions notre horreur pour les combats de coqs, les concours de pinsons aux yeux crevés, le tir aux pigeons, les courses de taureaux.
Mais nous ne savions pas deviner les lâches souffrances infligées à des bêtes par la volupté gastronomique des gourmets ; ni les tortures infernales de l’abattoir ordinaire ou d’un certain genre de vivisection inutilement cruelle et presque sadique.
Le langage courant comportait, chaque année, de fréquentes et placides allusions à l’« Ouverture de la chasse », distraction souvent barbare ; on vise les bêtes, pour agrémenter une promenade, sans posséder toujours l’assurance d’avoir tué l’animal, ni même de l’avoir blessé à mort.

Quant aux chasses à courre, avec bénédiction sacerdotale de la meute, et messe de Saint-Hubert avec fanfare de cors, avec hallali féroce et larmes de la bête aux abois, jetons un voile sur ces recréations dites « mondaines ». Pour couronner la fête, on tranche la patte d’un cerf forcé, qui gémit, cerné par des « humains » et menacé de chiens... Quand une femme de la compagnie aura tendu la main pour agréer l’hommage d’une extrémité de patte sanguinolente, est-ce avec les mêmes doigts qu’elle saisira le pain de la Sainte Cène à la table de la Communion ?"

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WILFRED  MONOD

Pasteur, l'une des grandes figures du protestantime français

Père de Théodore MONOD

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