EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

mercredi 28 octobre 2009

MURALE...Extrait

Je rêverai, non pour réparer les chariots du vent
Ou une avarie de l’âme.
La légende est à sa place, piège
Dans le cours du réel.
Le poème ne peut modifier un passé qui passe
et ne passe pas
Ou interrompre le séisme.
Mais je rêverai,
Dans l’espoir que des pays s’agrandissent pour m’accueillir,
Tel que je suis,
Un des habitants de cette mer
Qui a renoncé à l’interrogation difficile :
« Qui suis-je ici-là ?...
Le fils de ma mère ? »
Les doutes ne m’assaillent guère.
Les pâtres et les rois ne m’assiègent pas.
Mon présent, comme mon lendemain, sont avec
moi
Et avec moi, mes petites éphémérides.
Chaque fois qu’un oiseau égratigne un nuage,
je note :
Le songe a délié mes ailes. Moi aussi je vole.
Car tout être vivant est oiseau et moi,
Je suis moi et rien
D’autre.

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MAHMOUD  DARWICH

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zao

Oeuvre Zao Wou-Ki

LA PETITE FILLE

C’est moi qui frappe aux portes,

Aux portes, l’une après l’autre.

Je suis invisible à vos yeux.

Les morts sont invisibles.

Morte à Hiroshima

Il y a plus de dix ans,

Je suis une petite fille de sept ans.

Les enfants morts ne grandissent pas.

Mes cheveux tout d’abord ont pris feu,

Mes yeux ont brûlés, se sont calcinés.

Soudain je fus réduite en une poignée de cendres,

Mes cendres se sont éparpillées au vent.

Pour ce qui est de moi,

Je ne vous demande rien :

Il ne saurait manger, même des bonbons,

L’enfant qui comme du papier a brûlé.

Je frappe à votre porte, oncle, tante :

Une signature. Que l’on ne tue pas les enfants

Et qu’ils puissent aussi manger des bonbons

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NAZIM  HIKMET

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nagasaki

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PAIN, HASHISH ET CLAIR DE LUNE

Lorsqu'en Orient, naît la lune
Les blanches terrasses s'assoupissent
Dans des amas de fleurs,
Les gens abandonnent leurs échoppes
Et vont ensemble
A la rencontre de la lune.
Ils portent leur pain, leur phonographe
Et les accessoires de leur drogue
Jusqu'au sommet des montagnes.
Ils vendent et achètent
Rêves et rêveries
Et se meurent
Quand la lune est en vie.
Que fait de mon pays
Un filet de lumière ?
Que fait-il du pays des prophètes
Et des âmes naïves
Celles qui mastiquent leur tabac
Et qui font le commerce
De la drogue ?
Pendant les nuits d'Orient
Où pleine lune devient le croissant
L'Orient lui se dévêt
De toute dignité,
Démissionne de tout combat.
Les millions qui courent sans sandales
Qui croient en la quadrigamie
Et en la fin du monde,
Les millions qui ne rencontrent le pain
Que dans le rêve
Qui, la nuit, habitent les masures de la toux,
Qui jamais n'ont connu la forme des médicaments,
Meurent, cadavres, sous la lune,
Dans mon pays
Où les âmes naïves pleurent
Et meurent dans leurs larmes
Chaque fois que leur apparaît le croissant,
Et pleurent davantage
Chaque fois qu'un luth plaintif les émeut,
Chaque fois que les émeut
L'hymne à la nuit du "Ya Lili"
Mort qu'en Orient
Nous appelons "Tawashih" et "Ya Lili".
Dans mon pays
Celui des âmes naïves
Où nous ruminons les longs vers des tawashih
Cette tuberculose qui détruit l'Orient,
Ces longues rangaines chantées,
Ce notre Orient qui rumine
Histoire, rêves langoureux et légendes surannées,
Cet Orient recherchant tout héroïsme
Dans la Geste
De Abu Zaïd al Hilali

 
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NIZAR  QABBANI

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