EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

mercredi 11 novembre 2009

LA CONNAISSANCE DU SOIR

« Nul amour n'aura chanté
Sans mourir de son murmure
Qu'on n'est plus d'avoir été
Le frisson de ce qui dure ».

.

JOE  BOUSQUET

.

_ecriture_1

Posté par emmila à 21:16 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

POEME A LA DUREE...Extrait

Non, la durée était un sentiment
le plus fugitif de tous,
plus rapide souvent qu'un instant
imprévisible, ingouvernable, insaisissable, immensurable.

[...]


La durée est en rapport avec les années
avec les décennies, avec le temps de notre vie ;
la durée est sentiment de vie.[...]

Or, la durée, c'est l'aventure de l'année qui passe,
l'aventure du fait quotidien
mais elle n'est pas une aventure de l'oisiveté
ni l'aventure d'un temps libre (si actif soit-il).

[...]

Le poème de la durée est un poème d’amour.
Il parle d’un amour au premier regard
suivi d’innombrables premiers regards.
Et cet amour n’a sa durée dans aucun acte,
bien plutôt dans l’avant et l’après
où par cet autre sens du temps que donne l’amour,
l’avant est l’après
et l’après l’avant.

[...]

Le sursaut de la durée
entoure en lui-même déjà un poème,
il donne une mesure muette,
qui ajoute et libère
et fait battre dans mes veines le pouls d'une épopée
où le bien finira par vaincre.

Avec la main de la durée qui se pose
la blessure se ferme
et je la sens seulement
Quand elle se ferme.

Le choix de la durée, c'est ce
qui m'a manqué.
Celui qui n'apprit jamais la durée
n'a pas vécu.

La durée ne déplace pas,
elle me replace.

.

PETER  HANDKE

.

Plume_2

Posté par emmila à 17:41 - Poésie traduite en Français...Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

JEAN LE BLEU...Extrait

“Tu sais où il faut faire des inventions ? Dans l’appel, dans la voix, dans le son qui sort de ton coeur. [...] la grande malédiction du Ciel pour nous ça a été de nous faire des coeurs à un seul exemplaire. Un pour chacun. Une fois partagé en deux, il te faut trouver ta moitié exacte. Sans quoi tu resteras seul toute ta vie. Et c’est ça le tragique. Tu ne t’imagines pas le nombre de ceux qui ont le coeur mal complété.

Tu veux que je te prédise ce qui arrivera, et le garçon le verra, s’il vit. Et bien, voilà, au grand moment de l’espoir, ce sera la faillite de la magie. Tes tapis volants, on les chargera de pommes de terre et de carottes. On se dira : “Comment, on n’est pas plus heureux ?” Vous n’êtes pas plus heureux parce que vous n’avez rien inventé de nouveau dans l’appel que vous faites autour de vous pour trouver l’autre moitié de votre coeur. Vous avez toujours votre petite voix du temps des cavernes. Bien plus petite. Et vous ne trouvez pas. Alors, on tuera son coeur, parce que ça sera trop difficile de vivre avec.“

.

JEAN  GIONO

.

OMBRE_ET_LUMIERE

Posté par emmila à 15:50 - Prose , Littérature... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

TERRE MERE...Extrait

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ?

Le monde est. Le monde est et les hommes haïssent le monde. La Vie est et les hommes haïssent la vie. Pas tous les hommes.

Existe la gravitation. La loi qui la définit a été découverte par les hommes. Par un homme qui a compris la cause qui a permis à la pomme de tomber.

Le Livre parle d’une pomme originale qui provient de l’arbre de la connaissance. Là est le problème de l’homme : la connaissance. Et son utilisation ensuite…

Ce ne sont que des histoires de pommes, alors ? Presque.

L’homme s’est placé sous le pommier et a cru qu’il était au centre du monde. Il continue à croire qu’il est sur le trône.

Le monde est et l’homme passe.

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ?

.

JEAN  MALAURIE

.

1026050613_2

Oeuvre Jean-Pierre Harixcalde

LE CHANT DE L'ENFANCE...Suite

Lorsque l’enfant était enfant,
Les pommes et le pain suffisaient à le nourrir,
Et il en est toujours ainsi.
Lorsque l’enfant était enfant,
Les baies tombaient dans sa main comme seule tombent des baies,
Les noix fraîches lui irritaient la langue,
Et c’est toujours ainsi.

Sur chaque montagne, il avait le désir d’une montagne encore plus haute,
Et dans chaque ville, le désir d’une ville plus grande encore,
Et il en est toujours ainsi.
Dans l’arbre, il tendait les bras vers les cerises , exalté
Comme aujourd’hui encore,
Etait intimidé par les inconnus et il l’est toujours,
Il attendait la première neige et il l’attend toujours.

Lorsque l’enfant était enfant il a lancé un bâton contre un arbre, comme une lance,
Et elle y vibre toujours. “

.

PETER  HANDKE

.

Oeuvre John Russel

russell_john_1745_1806_Petite_fille_aux_cerises_louvre

Posté par emmila à 15:25 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1