EMMILA GITANA

Poésie, Littérature, Peinture, World music, Flamenco

samedi 14 novembre 2009

IL NEIGE DANS LA NUIT...Extrait

Jouons à courir, ma petite Guzine, toi, moi, Dino et puis ma Veroucha, jouons à courir sous la

pluie,

pieds nus, cheveux au vent.

Passons par le boulevard St Michel, à la poursuite d'Istambul,

et tournons autour du jardin de Notre-Dame et de la Tour de Léandre.

Jouons à courir, ma petite Guzine, toi, moi, Dino et ma Veroucha, jouons à courir, à grands cris,

au point du jour, jouons à courir aux heures teintées d'aube.

Jouons à courir avec nos jours passés et à venir, des ailes de mouette à nos pieds.

Ouvrons très grands nos yeux pleins de soleil et de vent sur le monde

et que Colin et Maillard, les maudits, ne puissent nous rattraper.

Jouons à courir, ma petite Guzine.

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NAZIM  HIKMET

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mona_johannesson_mathew_brookes

Posté par emmila à 18:25 - Poésie d'Orient....NAZIM HIKMET - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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SOURCE

Parle laisse tomber une parole

Bonjour j'ai dormi tout l'hiver et maintenant je me réveille

Parle

          Une pirogue glisse vers la lumière

Une parole légère avance à tout voile

Le jour a forme de fleuve

Sur ses rives brillent les plumes de tes chansons

Douceur de l'eau dans l'herbe endormie

Eau claire voyelles à boire

Voyelles parures du front des chevilles

Parle

          Touche la cime d'un silence heureux

Ouvre les ailes parle sans cesse

Un visage oublié passe

Tu passes toi-même allure de vent dans un champ de maïs

L'enfance et ses flèches son idole son figuier

Romps les amarres et passe avec la tour et le jardin

Passent futur et passé

L'heure déjà morte et l'heure à tuer

Passent des éclairs qui portent dans leur bec des morceaux de temps encore vivant

Volées de comètes qui se perdent dans mon front

Parle

          Mouille les lèvres dans la pierre

          fendue qui jaillit inépuisable

Plonge tes bras blancs dans l'eau féconde en prophéties imminentes

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OCTAVIO   PAZ

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EAU_DOUCE

Posté par emmila à 16:51 - OCTAVIO PAZ en Français - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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LA PAROLE EN ARCHIPEL....Extrait

« […] Il n’y a plus de ligne droite ni de route éclairée avec un être qui nous a quitté. Où s’étourdit notre affection ? Cerne après cerne, s’il approche c’est pour aussitôt s’enfouir. Son visage parfois vient s’appliquer contre le nôtre, ne produisant qu’un éclair glacé. Le jour qui allongeait le bonheur entre lui et nous n’est nulle part désormais, toutes les parties — presque excessives — d’une Présence se sont d’un coup disloquées. Misère de notre vigilance… Pourtant cet être supprimé se tient dans quelque chose de rigide, de désert, d’essentiel en nous, où nos millénaires ensemble font juste l’épaisseur d’une paupière tirée.

Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n’est pas le silence. Qu’en est-il alors ? Nous savons, ou croyons savoir. Mais seulement quand le passé qui signifie s’ouvre pour lui livrer passage. Le voici à notre hauteur, puis loin, devant.

À l’heure de nouveau contenue où nous questionnons tout le poids d’énigme, soudain commence la Douleur, celle de compagnon à compagnon, que l’archer cette fois, ne peut pas transpercer. »

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RENE  CHAR

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La_petite_fille_aux_feuilles_mortes_1947

                                                                

Posté par emmila à 14:04 - Poésie...RENE CHAR - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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A PRIX D'OMBRE

Loin des autres, il se trouble. La solitude l'effraie,
elle lui apprend qu'un homme n'est jamais seul.
Il se salit dans un duel sans adversaire dont la
fatigue corrompt les traits qu'on lui voit. Sueur
et souillures, il a le goût du mal qu'il fait et n'a
même pas le mal dans le sang.

On l'a rencontré nu-tête, couvert de sciures et
de salives, il courait en hésitant, les yeux vides.
Personne ne reconnaît les chemins où il s'est
perdu. Il veut être partout à la fois comme pour
y devancer quelque espérance. Vêtu à tâtons dans
sa hâte de gagner la rue avant l'aube ; il ne voit
pas plus le jour que s'il en était la chute. Avec la
fureur d'exister, il ne craint rien autant que d'apparaître.

Il fuit la lumière parce que la lumière lui ressemble ;

et, lui-même, il est né de cette ressemblance.
Pourquoi se masquerait-il, à tout ce qui s'enfonce,
ce lutteur est lié par la haine de ce qui grandit. A
peine seul, il sent une menace ; il se cherche, ne
se trouve personne. Il retrouve sa vie et elle se
passe de lui. S'il veut courir son existence lui fait
obstacle.

Marche, on dirait qu'il va faire beau.
Rivage ourocher, lave du flot ou la pierre à ton cou, même
un baiser des mers, tout ce qui prend une forme
se pénètre d'un devoir.

Tu as craint l'eau dont on n'apercevait pas le fond
et les endroits où le jour s'était noyé pour te donner tes jours.

Pleure,pleure ta nuit blanche de larmes, tu portes ton
mal sur le visage et le matin que tu déchires est
entré dans ton cour.

Pleure, forme qui brille sur l'ombre humaine
que tu es, tes yeux pleurent une autre clarté de
qui ton visage et ton corps promènent l'ombre
tremblante.

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JOE  BOUSQUET

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Posté par emmila à 13:26 - Poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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