( Nakhla, tu le sais, est féminin en arabe), est la soeur d’Adam. Rijal al Ghayb, les hommes du Monde du

aswad nurani), enfin celle du prophète 

Khidr est à la fois un héros populaire et le maître spirituel de ceux qui sont

appelés à une affiliation directe au monde Éternel adolescent, Khidr ne connaît

ni la vieillesse ni la mort. A la fois humain, angélique, terrestre et céleste, il a

trouvé la source de vie et a bu de son eau. Aussi est-il immortel. Il réside tantôt

au sommet du mont Qaf sur un rocher opalin translucide et lumineux, et tantôt

il se promène dans les cités d’émeraude Jabarsa, Jabalqa et Hurqalya, toutes

baignées d’une merveilleuse lumière verte, dans une atmosphère mélodieuse.

Et tantôt il réside sur une île verte au milieu de l’Océan. Parfois aussi on le voit

au fond de la mer, en méditation profonde, assis sur une natte verte. Au

moment où il se tenait auprès de la source de vie, il lui fut dit : « Tu es Khidr,

et partout où tes pieds la toucheront, la terre deviendra verte ». Aussi partout

où il s’arrête pour prier, la terre se met-elle à verdoyer.…

(...)

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MOUNIR  HAFEZ

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Mounir Hafez

A - Tu sais, l’Islam est plein de merveilles. L’une d’entre ces merveilles c’est

précisément Khidr et la couleur verte dont je vais te parler aujourd'hui.

B - Donne-moi tous les détails, parle et n’oublie rien.

A - T’es-tu jamais demandé pourquoi le vert symbolisait le monde musulman

et pourquoi le vert était la couleur liturgique et spirituelle de l’Islam ?

B - Non, mais j’ai hâte de savoir.

A - Alors ouvre ton coeur autant que tes oreilles.

B - Mais dis-moi d’abord qui a choisi le vert pour représenter l’Islam. Est-ce

l’O.N.U. ?

A - Tu es trop savant. Non ce n’est pas l’O.N.U. Ce n’est personne en

particulier. C’est plutôt le vert qui a choisi l’Islam.

B - Comment cela ? Tu parles par énigmes.

A - Il y a plus d’une énigme dans ce que tu vas entendre. Sache que le vert n’est

pas seulement une couleur que tu peux voir avec tes yeux. C’est aussi, mon fils,

le reflet d’un état spirituel. C’est le signe d’un degré de connaissance.

Comprends-tu ?

B – Je ne comprends rien à ce que tu dis.

A - N’as-tu jamais entendu dire que certaines personnes saintes avaient une

odeur particulière, de leur vivant et même après leur mort. Elles sentent

l’encens ou la violette par exemple.

B - Oui, peut-être. Mais ma jeune soeur sent la violette et je peux t’assurer

qu’elle est loin d’être une sainte.

A - Fais taire ta légèreté si tu veux entendre les chuchotements du caché. Eh

bien oui, certaines personnes émanent une couleur comme un parfum mais qui

n’est pas perceptible par tous. Et le vert, comme toutes les autres couleurs,

témoigne d’une certaine activité spirituelle. Elle est le signe d’un état mystique

particulier. Ainsi aux sept grands prophètes correspondant sept couleurs. Et

chacune de ces couleurs correspond à un aspect différent de la communication

avec le divin. La couleur d’Adam est noire, virant parfois au gris-fumé. Celle de

Noé est bleue, celle d’Abraham rouge, celle de Moïse blanche, celle de David

jaune, celle de Jésus noire lumineux (

Mohammed est verte, car la couleur verte qui témoigne de la vitalité du coeur

est la plus appropriée au secret du Mystère des Mystères.

Musique

B - N’oublie pas que tu as promis de me parler de Khidr, l’homme vert.

A - Eh bien Khidr est l’un des personnages les plus célèbres de notre tradition.

(...)

A - Viens par ici, rapprochons-nous de ta bonne tante.

B - De quoi parles-tu ? Tu sais bien que ma tante est morte il y a deux ans.

A - Je parle de notre tante à tous. Tu ne sais donc pas que le palmier est la

tante de tous les musulmans ?

B - Tu veux dire que ce palmier serait ma tante ? Comment cela est-il possible ?

A - Es-tu croyant ?

B - Oui, certes, mais je veux aussi comprendre.

A - On peut être croyant et ignorant. Apprends à connaître les trésors de ta

tradition. Ne sais-tu pas que le Prophète a dit : « Honorez votre tante le

palmier, car elle a été créée du surplus de l’argile d’Adam ». Écoute, et que Dieu

t’illumine, car avec les faibles ressources de ton intelligence, tu ne pourras

guère pénétrer les secrets merveilleux qui te sont proposés dans ta foi.

B – J’ai été à l’école et je connais plus de choses que tu ne crois.

A - Je sais que tu es savant et que ta tante peut être fière de toi. Mais n’oublie

pas qu’en Arabe le mot « intelligence » signifie aussi « entrave ».

B - Que veux-tu dire ?

A - Je veux dire que l’intelligence est souvent une entrave à l’ouverture de

l’esprit. Il s’agit ici d’une science cachée et pourtant accessible à tout le monde

et que notre tradition musulmane transmet de génération en génération à ceux

qui forment la chaîne ininterrompue des fidèles serviteurs de Dieu. Il y a bien

des choses que tu ne sais pas et tu es entouré de merveilles que tu ne

soupçonnes pas. Ne discute donc pas à tout propos. Écoute avec les oreilles du

coeur. Regarde avec les yeux de l’âme. Ce que tu entendras ainsi et ce que tu

verras comblera à la fois ton intelligence et ton coeur.

B - Va, je t’écoute avec mes yeux, mes oreilles, mon coeur, mon âme.

Approchons-nous de notre tante et dis-moi ce que t’ont transmis nos Anciens.

A - Sache que lorsque Dieu eut créé Adam, il resta un surplus de levain de son

argile. De ce surplus, Dieu créa le palmier, si bien que cette plante, comme je

viens de te le dire, (

Elle est donc pour nous tous, fils d’Adam, une tante paternelle et la Tradition

l’assimile au croyant fidèle. Elle recèle des secrets extraordinaires comme n’en

recèle aucune plante. Or, après la création du palmier, il demeura caché encore

un surplus de l’argile dont la plante avait été constituée : ce surplus n’était pas

plus gros qu’un grain de sésame. Et c’est dans ce surplus que Dieu étendit une

terre immense que l’on appelle la Terre du Camphre Blanc. Comme il y disposa

le trône et ce qu’il renferme : le firmament, les cieux et les terres, les mondes

souterrains, tous les paradis et les enfers, c’est tout l’ensemble de notre univers

qui se trouve intégralement en cette Terre-là et pourtant tout cet ensemble

n’est par rapport à l’immensité de cette Terre-là que comme un anneau égaré

dans un désert de .notre terre d’ici-bas.

La voix

Quant à cette Terre céleste, elle recèle des merveilles et des étrangetés dont il

est impossible de déterminer le compte, et l’intelligence en reste éblouie. Le sol

en est une pure farine de froment très blanche. Le ciel en est une verte

émeraude. Ses habitants sont de race pure et de haute noblesse. Ils ne

reconnaissent d’autre roi que Khidr-le-vert, le vénéré chaykh à la nature divine,

le vigilant gardien du monde humain. Eternel voyageur, maître des sansmaîtres,

il fait partie des Invisibles (

Mystère). Et cet univers, lorsque le mystique le contemple, c’est soi-même,

c’est sa propre âme qu’il contemple.

En cette terre-là, il y a des jardins, des paradis, des animaux, des

minéraux, dont seul Dieu peut connaître le nombre. Or, tout cela qui se trouve

en cette Terre, absolument tout y est vivant. Doués de vie et de parole, les êtres

y correspondent à ce qu’ils sont ici-bas, avec cette différence qu’en cette Terre

des prodiges, les choses sont immuables et impérissables.

C’est en cette Terre-là enfin que se spiritualisent les corps et que

prennent corps les esprits. Aussi est-ce avec leur esprit, non point avec leur

corps matériel, que les mystiques y pénètrent. Ils abandonnent leur habitacle de

chair sur notre terre terrienne, et ils s’immatérialisent. Et les voici.

Musique

La voix

Sur cette Terre-là existent des formes et des figures d’une race merveilleuse,

d’un caractère extraordinaire. Elles veillent aux entrées des avenues qui

dominent le monde dans lequel nous sommes, terre et ciel, paradis et enfer.

Lorsque l’un de nous cherche la voie d’accès à cette Terre, celle des Initiés,

alors il rencontre ces Formes qui se dressent et veillent aux entrées des

avenues, Dieu les ayant particulièrement préposées à ce soin. L’une d’entre elle

accourt vers l’arrivant, elle le revêt d’une robe qui convient à son rang spirituel,

elle le prend par la main, elle se promène avec lui. Et il ne passe près d’aucune

pierre, d’aucun arbre, d’aucun village, de quoi que ce soit, sans leur parler s’il le

désire comme un homme s’entretient avec son compagnon.

B - Je n’ai jamais pensé qu’il pouvait y avoir un autre monde que le nôtre, ni

qu’il existait des êtres si différents et pourtant si pareils à nous. Mais qui donc

est le roi des Invisibles qui règne sur cette Terre de Camphre Blanc, cet homme

vert que tu as appelé Khidr ? Et pourquoi est-il vert et non pas brun comme

moi ?