Te revoilà vieille mer
Remplie de mes ancres
Ni la vague absente
Ni le silence de la lumière
Ne disent à la mouette
Soit douce
Pour mes voiles
Combien de rides
Cordes offertes à l'errance
Faut-il au soleil
Pour être sourd aux canons
Voici mes mâts
Ja1ousant les insouciants sapins
Plus inquiets que les collines
De trop aimer les clochers
Sarajevo brûle
Que n'as-tu aboli les frontières
Dans les veines du vent
Ulysse
Aux secrètes amours
Dérobées à l'horizon

Te revoilà épuisée mer
Des pas alourdis
Sur les quais
Ni le port
N'a ravi les corsaires
Ni la pierre
N'a sauvé les neiges
Les souvenirs
Portés par les écumes
Le sel blesse leurs ailes
La nuit vole leurs vols
Cime après cime
Tu crains les aigles
Leurs griffes comme des balles
Dans les brumes sonores
Que n'as-tu imploré les rochers
La désinvolte hirondelle
Mer meurtrie
Pour étreindre la frivole eau
Dans les bras du soir écarlate
Et éteindre tous ces incendies

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TAHAR BEKRI

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