« Les rêves me permettaient de converser avec mes illusions mais aussi avec mon désespoir et ma misère. Même les plus infimes choses ou le vide pouvaient nourrir ma ferveur. Les songes m’enseignaient à eux seuls ce qui ne s’enseigne pas et qu’il est fondamental d’apprendre.
Avide de moi-même, j’installais mon privilège dans…mon propre lit. Dès que je m’endormais je pouvais atteindre la solitude, si pleine ! Jouissant ou souffrant divinement avec l’autre qui en secret demeurait en moi. Et parfois je m’éveillais en pleurant, tenaillé par l’angoisse de ne pouvoir parvenir à être celui que j’aurais voulu être, faute de ne pouvoir enrichir ma vie et celle des autres d’une petite part de bonheur. »

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FERNANDO  ARRABAL

(Ciudad Rodrigo, 1er janvier 1995)

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