Les choses nous assignent à résidence

plus que les êtres et leurs paroles.

   Nous disposons d'une patrie    

que nous peuplons à notre gré.    

Les arbres, les montagnes, un étang    

nous incitent à l'indulgence.

     Nous existons peut-être par défaut 

et nous louvoyons corps et ombre

   à la merci de toute erreur.

    
      ** 
 
      Ne médis pas des bourbiers, des marigots

  et autres lieux sans histoire    

ni intérêt comme on le croit.

     Les paysages qui te sont concédés,    

approche-les avec des gestes d'apprenti :    

tu ne les oublieras plus.    

Si tu t'engages dans des terres d'exil    

ou dans des voies plus délicates,    

continue de restituer au monde    

ses élans d'une jeunesse foisonnante.    

Il se trouvera toujours quelques anges    

aussi noirs que le soleil   

pour t'escorter vers le terme du parcours :    

tu les remercieras d'une poignée de vent. 

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MAX  ALHAU

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