Écrire, successivement, pour soulever nos peaux, respirer, saigner, nous prendre à découvert.   
Pour recoudre notre puzzle, tout en parlant de ces travaux d’aiguille sonore avec les autres.   
Pour faire signe. Pour nous justifier, pour enterrer l’échec ou pour freiner, de page en page, le suicide. Pour faire le ménage onirique, par thérapeutique.   
Par recherche de l’identité natale, par goût errant de l’absolu.   
Pour nous enrichir et pour tout perdre.   
On écrit pour toutes ces raisons mêlées.   
On écrit pour toucher terre, contre les refus de l’amour, contre l’origine souillée, contre les phares béants de la mort.   
Mais le pays natal, au moment où   on l’accoste, se volatilise. Il s’appelait, bien sûr, solitude.
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JEAN  BRETON

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Oeuvre Didier Delamonica