j'apprends très lentement à vivre à ciel ouvert

j'enterre la face humaine sous des gangrènes d'or

et j'ai abandonné des tessons de soleil

dans la chair oubliée des hommes inutiles



dans la nuit survivante les hommes sont contagieux


il y a des fusils plus lourds que les épaules

j'ai vu tomber la neige grise des phalènes

et le corps maternel excisé sous les arbres



mais quand l'écorce enfin aura pitié de l'arbre


quand les oiseaux aveugles chanteront malgré tout

les vagues arriveront jusqu'aux maisons ardentes



alors nous irons seuls dans nos vêtements de pierre


nues sous leur peau les femmes allumeront l'aurore

et j'irai parmi vous comme un  crime qui revient
.
TRISTAN  CABRAL
;
GUERRE