«Depuis dix-huit mois passés
des hommes meurent,
Des hommes tuent.
Ces hommes sont mes frères.
Ceux qui tuent.
Ceux qui meurent.

Je me nomme El Mouhoub, fils de Belkacem,

Petit fils d’Ahmed, arrière petit fils d’Ahcène.
Je me nomme aussi, et indivisément, Jean, fils d’Antoine.

Et El Mouhoub chaque jour traque Jean et le tue.

Et Jean chaque jour traque El Mouhoub et le tue.

Si je me nommais simplement El Mouhoub, ce serait presque simple.

J'embrasserais la cause de tous les fils d'Ahmed et d'Ali, j'épouserais leur raisons et il me serait aisé de les soutenir en un discours raisonnable.

Si, je me nommais seulement Jean, ce serait presque simple aussi, je développerais les raisons de tout les français qui pourchassent les fils d'Ahmed en un discours aussi cohérent.


Mais, je suis Jean et El Mouhoub. Les deux vivent dans une seule et même personne. Et leurs raisons ne s’accordent pas.

Entre les deux, il y a une distance infranchissable.»

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JEAN AMROUCHE

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