À ceux qui ont rêvé de franchir les limites.

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Bercée par les vagues de la mer des Ténèbres et celles de la mer Blanche


Tanger port désiré depuis la vieille Carthage


Jusqu’à aujourd’hui par les militaires en costume du dimanche


Tu vas renverser le regard de l’origine de notre mer


Tu vas unir aux origines gréco-latines, celles des amazighs et des arabes


Et tu vas dire...


Toi aussi.


Installée dans une ruelle maritime,


Tes rochers accueillent avec le salut oriental les courants en partage gravés dans ta ville altière


L’insolence de tes vents mêlés


Chante avec maestria les rivalités des deux côtes, et la douceur des amours victorieuses


Ton élégance ensorcelle ceux qui veulent te posséder


Ta porte grande ouverte offre l’ivresse de tes parfums à la vieille Reine


Tu n’as pas de rancune


Tanger, phare d’Ifriqiya, tu irradies les tiens de dignité


Et l’on entend le silence de pleurs caressant les sanglots verts de ceux qui ont pris la barque voulant rejoindre ce qu’ils imaginaient la lumière


Tes fils en ignoraient le lieu de sa naissance : l’Orient.


Cercueil embarqué sur les eaux amères, tu navigues sur la marge bleue et déchaîne la pensée...


Blessée notre mer,


Tes héritiers ont sombré dans la nuit pour que toi Tanger tu saches.

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DANIELE  MAOUDJ

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barbosa09

Oeuvre Dario Barbosa