Je me laissais glisser vers l'hiver
tout me semblait facile
je n'étais qu'un mendiant dessous les porches verts
jamais tu n'aurais dû t'asseoir si près de moi
Je sais bien tu as froid
je le savais déjà à regarder tes yeux
à deviner ta vie que tu le veuilles ou non
que je le veuille ou non
tu danses dans mes nuits
mes jours deviennent nuits pour rêver plus longtemps
et je nage éveillé dans ton visage-pluie
Je ne dirai plus rien et pas même ton nom
mais ne vas pas trop loin
surtout ne dis pas non
et reste donc pour moi comme un printemps fragile
Sur ta poitrine douce des saisons impossibles
jamais sur ton épaule ne s'useront mes lèvres
jamais je ne prendrai ton regard dans mes mains
Une feuille de neige cicatrise ton ventre
je déchire les jours pour t'en faire un manteau
(...)
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JEAN-PIERRE  METGE

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Eloge_de_lontain