Si jamais, quand je serai mort, allumant ta lampe, tu vois
La mer assise dans la chambre,
Si jamais, quand soufflera le vent dans les ruelles, tu entends
Mon pas s'arrêter à ta mémoire,
Tu sauras Combien je t'aime de par le monde désolé
Pour avoir demandé à ceux que nous aimions
De te parler de moi.
Tu seras morte aussi depuis longtemps et déjà seule dans une chambre de poussière où tout est gris.
Dehors j'aurai rôdé comme faisait l'amour ouvrant les portes, et me voilà
Entrant avec un bon soleil comme il en fait sur terre.
J'aurai quatre ou cinq visages de toi qui saignent,
Des visages de larmes,
Des visages de verre.
Ne me regarde pas tant que je suis vivant.
La naissance du temps frappe à la tempe.
N'écoutons pas passer le vent.
Nous sommes là pour passer quelque temps.
Il fera longtemps beau demain.
Il fera longtemps clair au ciel.

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JEAN  MALRIEU

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