Un ksar aux lignes de noblesse,
Près du fleuve reptile effleuré par l'oiseau,
Veille l'onde au fil des séguias, furtive et somptueuse hôtesse,
Sous l'allusif murmure des roseaux.

Un souffle daigne avec lenteur fréquenter les orges profondes:
L'essor des palmes infléchies sur des hauts fûts
Moire de larges ondes
Leur semblance de vasque aux frissons de joyaux profus.

Ce jardin clair-obscur longe d'ambre et de jade
Un lieu de morts sans nom sous leur stèle ébauchée ;
Bleu sombre, une femme à longs plis, vers l'affût rêveur du nomade
Glisse comme une amphore, à peine déhanchée...

Ce pays de silice où je fus l'instant même,
Dissipés les remords, superflus les desseins,
Quand la dune s'offre, à l'extrême,
Courbe vive de sabre, opulence de sein...

L'ombre, sur le désert estompé, sans augures,
Des franges de sa robe efface le fortuit.
Le dôme se ponctue de feux comme une épure 
Au gré du Maître de la nuit.

 

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TOUSSAINT MEDINE SHANGÔ

 

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KSAR