Je suis l’amour dans la poussière des routes, mon esprit n’a que lavandes et embruns pour sentiers.

 

Je suis l’amour comme vous. Vous savez, lorsque l’on se choisit pour se dire ce que nous n’avons encore dit à personne.

 

Vous savez que je suis l’amour comme vous, alors pourquoi le fer et le fiel ?

 

 Je suis l’amour dans les ombrages d’un figuier, où fleurissent les mots, et je ne veux pas de vos fruits avariés, même si vous n’entendez rien de ce que je vous dis, je ne veux rien de tout cela qui nous dévaste : les champignons pillards et les fleurs du soleil noir.

 

Nous sommes l’amour irréparable.

 

 

 J’ai mis à mes jambes des vieux bas tricotés de tiges et d’épines, et à mes pieds des chaussures à talons de pierre pointue.

 

Je suis l’amour qui ne vous aime pas.

 

Pas de serpent à nourrir dans mon sein.

 

 

NATHALIE RIERA

« Puisque Beauté il y a »,

éd. Lanskine, 2010 in Elegeia et autres chants de soleil (Carnet de campagne I)

 

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Œuvre Gérald Bloncourt