je suis la mère colère 

 la terre a bu mes enfants 

mes mains fouillent cette terre 

 mes bras flagellent le vent 

mes flancs palpitent 

 vides 

où fleurissaient les belles moissons 

 

  j’étais femme tendre 

au regard d’herbes mouillées 

 ma douleur est de pierre 

mes ruisseaux sont asséchés 

 et je ne suis que mère colère 

  mon long manteau de nuit 

flotte dans le vent 

 je suis louve sauvage 

mon cri monte dans le silence 

 mon cri enfle 

rouge 

 

  où sont les enfants ?

 

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HELENE MILLIEN

 

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