L’homme est fait de la matière de l’arc-en-ciel

Il est couleur

Le jaune le bleu nilotique le noir le rouge d’Amérique

Le blanc, le blanc aussi, est couleur

D’autres couleurs existent que je ne connais pas

Qui sont à l’intérieur dans les cœurs et les âmes

Couleurs qui paraissent qui transparaissent

Dans les beaux yeux des femmes les yeux des hommes

L’iris et le frais cristallin des enfants

Iris bleu iris violet iris marron iris vert

Iris noir, tout ce champ de fleurs naïves

Tourné en grand jardin vers le soleil visible

Transparence de l’air feu de l’orage

Et l’invisible aussi

Que l’homme voit si même il dit ne pas le voir

Cela qui fait de nous l’humanité

Celle qui rêve et qui vit qui crée et souffre

Qui souffre et s’interroge

Et qui est vraie de la vérité des vraies racines

Hommes et femmes ayant rendez-vous de parole

Sous l’arbre des prairies

Leurs passions leurs récits leurs fables leurs poèmes

Conduits comme un troupeau vers la trompe d’Eustache

Mots chanteurs nidifiant

Puis, tout quitté, l’incompréhensible vache

Laboure avec ses cornes le bleu de la Question

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SALAH  STETIE

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aivazovsky131

Oeuvre Hovhannes Aivazian