Au terrain vague des Tsiganes

où papillonne l'enfant nu,

  aux marches froides des ghettos,  

  aux usines où l'on enchaîne  

  hommes et femmes pour la soupe,  

  aux fonds des prisons politiques,  

  à la caserne " troisième âge "  

  où l'on exile le vieillard,  

  aux cris des chambres de torture,  

  aux vieux bordels de Thaïlande  

  où se consument des enfances,  

  à la merde des bouges noirs,  

  à la longue désespérance  

  de la putain de quatorze ans,  

  il me faudrait gueuler l'espoir... !  

  Dans le bleu tendre du matin,  

  au terrain vague des Tsiganes  

  où papillonne l'enfant nu,  

  j'entends un orchestre d'oiseaux.  

  ... Écoute ami, entends la vie,  

  Elle serait belle...

 

    Respecte là !  

 

   ESMERALDA  ROMANEZ

 

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Tabor