Il y a longtemps que je n’ai vu la mer
Et tes yeux mouillés à l’aube
De cette douleur
Me crucifient aux sept rumeurs
Celle du printemps nourri du silence des arbres
Celle de la transe des années
Rythmées au son des cornes de brume
Perdues au loin
Brûlées fumées sans flammes
Celle du nuage lourd de ses pluies
Corps et âmes
Ne jetez pas toute cette neige sale et piétinée
Dans mes fonds
Je ne suis ni le dépotoir de vos moteurs fielleux
Ni la poubelle de vos couchants
Mais le feu ardent et libre
Amant fait de tous bois
Je languis de la mer
A l’épreuve des tempêtes
Mes bras caressant tes écumes
Dans l’insaisissable flux et reflux
Pour bercer le large pressé et impénitent.
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TAHAR BEKRI

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