Si la nuit te dépose au plus haut de la mer

N'offense en toi la mer par échouage des anciens dieux

Seules les fleurs savent comme on gravit l'éternité

Nous t'appelons terre blessée ô combien notre temps

Sera bref, ainsi l'eau dont on ne voit le lit

Chanson d'eau empilée sur l'eau du triste soir

Tu es douce à celui que tu éloignes de ta nuit

Tel un gravier trop lourd enfoui aux grèves de minuit

J'ai mené ma rame entre les îles je t'ai nommée

loin avant que tu m'aies désigné pour asile et souffle

je t'ai nommée Insaisissable et Toute-enfuie

Ton rire a séparé les eaux bleues des eaux inconnues

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EDOUARD GLISSANT

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"Si on est dominé par une détérioration intérieure, c’est-à-dire si l’être lui-même est déconstruit en profondeur, et s’il accepte ou subit passivement cette déconstruction, alors, effectivement, on ne peut pas écrire. Écrire, c’est souffrir sa liberté. Un être dominé, assimilé, ne produira qu'une longue plainte aliénée.
Si on est dominé dans la vie sociale et quotidienne, mais en gardant toute sa puissance d’imaginaire, c’est autre chose."

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Édouard Glissant

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Édouard Glissant

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"… essayons plutôt de trembler en nous penchant vers l’autre

plutôt que d’être sûr de nous mêmes quand nous allons frapper l’autre.

Essayons de comprendre comment le monde à son tour tremble,

mettons-nous en accord avec le monde,

tremblons du tremblement du monde,

ce n’est pas un tremblement de faiblesse,

ce n’est pas un tremblement d’hésitation

c’est le tremblement de celui qui vit la vie du monde,

c’est peut-être ce qui nous est donné de plus fantastique aujourd’hui "

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ÉDOUARD GLISSANT