La Croix du Sud me manque
lorsque la soif me fait lever la tête
pour boire ton vin noir de minuit.
Et me manquent les coins des rues où somnolent
     les épiceries
et où le parfum de l’herbe tremble dans
     la peau de l’air.

Comprendre que cela est toujours là-bas
comme une poche où à chaque instant
la main cherche une monnaie le canif
     le peigne
la main infatigable d’une mémoire obscure
qui recompte ses morts.

La Croix du Sud le maté amer.
Et la voix des amis
s’usant avec d’autres.

.

JULIO CORTAZAR

.

5124077434_1089d7970b_b