Le nu bleu peut foncer toujours davantage jusqu'au noir, il peut toucher la transparence jusqu'au bleu clair. Le nu bleu retrouve la présence physique par delà les perspectives d'une déposition intellectuelle. La nudité dont je parle est aussi celle du visage, celle du visage de l'autre qui se tourne vers moi — et c'est cela la nudité même. La nudité, cet abord de face dans le discours, écrire à visage découvert. Le nu bleu se nuance depuis le corps nu jusqu'à la nudité de pierre blanche dans les cloîtres des abbayes.

 

Le nu des pays baignés par la méditerranée

et là aussi les plus beaux temples

 

Le nu bleu est l'écriture du bleu sur du bleu. Il y a des degrés imperceptibles dans la différence, dans la ressemblance, la ressemblance du bleu avec le bleu, de l'également bleu avec le parfaitement bleu.

 

Bleu ciel dans le ciel bleu.

 

Ce qui n'est pas est toujours derrière, couleur derrière la couleur.

La mer ressemble-t-elle à la mer, le ciel au ciel, le bleu au bleu ?

Quel est ce maintien de la bleuité céleste ?

 

le ciel haut parfois plus foncé

voué comme le bleu de l'air au bleu de la mer

 


offrandes d'oiseaux dans le soleil, légèrement tracés dans les mots

frêle aérien contact nu avec le nu même

 

Mon unicité vraie

ma simple mon enfance

 


Et j'aime l'essentiel

du bleu

qui nous sépare

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BÉATRICE BONHOMME

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GUILLAUME_BARAZER

Œuvre Guillaume Barazer

http://barazer.guillaume.pagesperso-orange.fr