Je reste à distance des rêves.

Leur marée abandonne mon front,

j’avance entre les pierres calcinées

et je retombe dans la chambre qui m’enferme :

les souliers attendent, les liens de famille,

les dents du sourire

et l’espoir imposé

demain chanteront les sirène

( Et dans mon sang

un autre chant s’élève : Je ne dis

ma chanson qu’à celui qui vient avec moi…)


Sordide fabricant de fantasmes,

de petits dieux obscurs,

poussière, mensonge au matin.

Exilé de la colère et de la joie,

assis sur une chaise, sur un rocher,

face à la houle aveugle : ennui, rien.

Attaché à ma vie

et détaché de la vie.

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OCTAVIO  PAZ

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Albert_Oehlen2

Oeuvre Albert  Oelhen