Merci Olympia....

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Du bout des doigts, le tracé de sa bouche. Ce comble de l’âme qui affleurait mes propres lèvres me débordait – insoumise révolte d’étoiles, qu’on ne muselle pas, chant, qu’on n’ensevelit pas longtemps. On peut tout me refuser, mais l’amour, on ne me le prendra jamais. Il est si vrai que ce qu’on nous prend, nous prouvons par la perte (serait-elle infime seconde d’absence) que nous ne l’avons jamais fait nôtre…
En ce sens – déployé, enivrant, bouleversant comme une senteur, nous ne perdons jamais la vie. J’ai l’âme tatouée de quelques signes majeurs, le parfum nostalgique du jasmin, le ressac de la mer le soir – je parle de la Méditerranée, mais aussi de l’Océan Indien, de l’Atlantique – l’insistance de la mémoire à ne pas se laisser briser, la peau de vies que j’ai aimées aussi fort que les mots qui pourraient célébrer la gratitude de ce qu’elles me donnaient – de vivre d’aimer. Qui pourrait me voler la capacité de dire oui au monde ? Qui peut détruire la lumière fiancée à l’âme – promesse d’infini ?
Je ne vis que d’aimer. De tout le reste, je meurs, je m’avance courbée vers mon au-delà.

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OLYMPIA ALBERTI

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Oeuvre Giuseppe de Nittis