"…Toutes les lumières sont éteintes. Dans le cerceau des voix
vient le printemps.
Et pendant que dort le lait, Ma maison mienne dort aussi
dans le silence et petit à petit brûle.
Plus ne passe dans les pétales véhéments la tête qui roule
alors les mots naissent.
Limpides, amers…

 

Certaines nuits j’ai aimé tous les très vieux ruisseaux,
degré par degré j’ai gravi le corps qui s’emplissait
de feuilles minuscules, éternelles comme un arbre.
Degré par degré je dévorai la joie -
moi, la gorge grande ouverte comme quelqu’un qui va mourir par l’eau
dévasté, cruches débordantes
d’astres humides.


Quelque fois j’aimai lentement car je devais mourir
les yeux brûlés par le pouvoir de la lune.
Aussi la nuit, cette nuit de printemps, et tout au loin
cherchant mon silence dans les siècles autres. Voici la joie recouverte de pollen, et la maison de lumière prise dans l’espace
d’un feu profond.
Et les lumières se sont éteintes.


Où l’on m’attend, dans une sorte d’air transparent
pour lever mes mains ? Où repose ma parole,
sorte de bouche rassemblée dans son silence ?
Sûr de lui le jour s’élabore.
Alors je baise, degré par degré, les marches de ton corps.
Ne cherche pas à m’appeler,
dans l’ogive de la nuit se cachent les pensées.

 

Voici le printemps. Au-delà il brûle cerné par le sel,
par d’innombrables oranges.
Aujourd’hui je sais enfin les grandes raisons de la folie,
les jours qui jamais ne seront décapités comme tiges mûres.
Il est des endroits où l’on peut espérer le printemps
comme si dans l’âme un corps nu gisait.
Les lumières se sont éteintes : et commence le temps
si impatient – Ce chant précis comme si quelqu’un
savait chanter.

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HERBERTO HELDER

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VoiceOfWood2554

Oeuvre Frédéric Clément