Comment caractériser en deux mots les responsables financiers aussi rapaces qu’incompétents de la grande crise économique en cours ? A la fois cupides et stupides, tels m’apparaissent les héros de cette triste déconfiture à l’échelle du monde entier. La rime est trop riche, trop belle, pour ne pas s’appliquer parfaitement aux génies de la nullité absolue qui sont à la tête des principales banques internationales, et continueront – si on les laisse faire comme devant, à nous mener droit dans le mur pour le profit de quelques-uns, aux dépens de tous les autres. Seule la poésie nous permettra de voir un peu plus loin que le bout de leur nez, à supposer qu’ils aient du nez. Mais ont-ils donc jamais possédé un véritable nez pour flairer les catastrophes à venir ? A la place d’un nez, juste deux trous d’aération bouchés, creusés sous le crâne vide qui leur tient lieu de cervelle, car la bêtise est encore pire que l’avidité ; elle empêche le crétin au pouvoir de savoir ce qu’il fait et d’en prévoir les conséquences. Ainsi furent semées les graines dont ont germé Staline et Hitler. Résultat : soixante-dix millions de morts. Les crises de 1917, 1923, 1929 ont fixé le destin de la génération de nos pères, un sort suivi de près par le nôtre. Y échapperons-nous de justesse cette fois-ci, nous et ceux à qui nous avons transmis imprudemment la vie ?

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CLAUDE VIGEE

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Oeuvre  Raymond Attanasio