...Dans l'accélération des vignes au solstice de juin.

Sur les lieux de mon origine.

Là.

...Et le cri des cigales à fond de collines, dépossédées par les feux de l'été. Nul débordement : au rythme des saisons, le démantèlement gagne du terrain. Contre nature. Et le cri des cigales à fond de collines, jusqu'à l'épuisement du feuillage...

Là,

j'investis de mes rêves le paysage.

A contre-jour

et dans le silence:

sans parole

 

....Et l'herbe et les ronces et les ruines. La vie fictive se propage et distribue ses illusions. Mirages : la mort ne remet pas à demain ses désirs. Et l'herbe et les ronces et les ruines dénomment le pays sage.

Là,

sur les lieux de mon origine

alors que le silence

s'élance à l'assaut du soleil.

 

Sang.

Je reviens aux glaisières

De la terre

Je n'ai à la bouche qu'un goût de défaite. Je suis las, je puis le dire. J'ai le souvenir de la terre profondément submergée de lumière que, dans sa transparence, sa superbe m'apprivoisait.

 

Mais est-ce juste que de puiser ainsi au passé pour combler le silence ?

....

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JEAN-CLAUDE IZZO

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