Je n’ai pas attendu que tu viennes

Je croyais que c’était le temps de ma nuit

Et puis tu as trié le ciel

Sur la trace légère de quelques oiseaux

 

Il y a toujours ce noir profond

Quelque chose qui ne fait que grandir

Dans la simplicité des pierres

 

L’herbe coupée

Recouvre la terre

De son compost

En dessous déjà naît la reverdie

La mousse posée sur les limons des toits

Le noisetier un peu plus haut

Touche quelques nuages

Une cheminée de brique rose

S’accorde avec le silence

 

L’odeur de poussière

La paille restée chaude

Comme déposée par le blé

Il reste cette belle odeur des greniers

Et toutes ces choses offertes

Qui n’ont plus lieu

 

Maintenant ce qui reste

Après avoir tenu le ciel

Dans nos mains nues

C’est juste ce que j’aime

Les chemins de traverse

Les garennes, les pierres pleines

Les greniers chauds

Au ventre de la paille

L’odeur des poutres et des combles

Donne envie de paresser

En face de la lucarne du ciel

 

Le liséré de lumière posé

Sur la pierre émaillée

D’éclats de briques

Passe entre les persiennes

Tiré comme à la corde

le trait de lumière

Eclaire la pierre

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BEATRICE BONHOMME

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