Où s’achève-t-il, cet homme, qui dresse sur son visage

toute une forêt de chardons pareils aux masques des oiseaux
poignants ? Sur la pierre où son regard se casse, ou sur l’intense
beauté des lèvres, qui imposent leur vitesse au rêve et tiennent
le jour en suspens ?
 
Broyeur de songe, dont le cil vibratile entrecoupe de ténèbres
l’autre face implacable :
Interlieu, intermonde, qui inscrit ses appels au paroxysme
d’une paroi.
 
C’est la Chambre ! Un banc y dresse la démesure enfin conquise
du sommeil.
L’homme l’investit. Porte qui clôt sa puissance sur une part arrachée
à la violence du moi.
 
Dans le vertige clôturé de la Chambre, le corps immémorial
poursuit son destin.
 
Parole intermittente, de quoi se mêle-t-elle, quand la mort
la saisit avec son bruit de vaisselle et cette hantise qui la frôle,
en un froissement de satin !
 
Que de feuilles, de pluies et de charges défaites, que de vents
repoussés, avant que l’œil et ses planètes ne guettent cette frange,
que l’espèce bipède dresse sur les branches les mieux gérées
de soi :
 
L’œuvre et sa peau miraculée d’orange.
Broyeur d’azur, humez ce songe, là, du soleil,
à portée de la main.

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JACQUES GARELLI

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LOUEDIN

Oeuvre Bernard Louedin