J’ai ce rêve pour aller de l’avant.

Je ne sens pas la douleur, ni ne veux sentir,
le soleil ni la neige, dans l’horizon brumeux.
Les uns fortifient leurs bras, pas leur cœur,
d’autres enrichissent leurs mains, pas leur cœur.

J’ai cette Lumière pour aller de l’avant.

Je ne sens ni la faim ni la soif sur le chemin,
ni le vent ni la pluie ne frappent mon corps fatigué.
Entre oliviers et rochers je m’assieds.
Je regarde l’univers, le ciel et les nuages.

J’ai ce rêve pour aller de l’avant.

En silence je prends le chemin déjà parcouru,
et je cherche mon nom dans le vaste labyrinthe.
Je regarde les pierres et les branches,
je vois d’où viens le vent.

J’ai cette Lumière pour aller de l’avant.

Je m’approche du centre de la nuit,
parmi les lumières je suis la trace de la Lumière.
Certains nourrissent leur corps, pas leur cœur,
d’autres ornent leur corps, pas leur cœur.

J’ai ce rêve pour rêver encore :
Un fleuve, une montagne, un arbre,
pour en eux reposer mon voyage.
Blessés sont les chemins malmenés,
tristes les traces mal tracées.

J’ai cette Lumière pour éclairer ma maison,
la tienne, la nôtre, cette demeure qui est en nous.
Du haut d’une pierre étreignons ce rêve que nous avons,
et d’une autre pierre, laissons que la Lumière enlace notre corps.

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PORFIRIO MAMANI MACEDO

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Photographie Sylvain Lagarde

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